Autres maladies du chat diabétique

Introduction

Un chat diabétique peut présenter d’autres problèmes de santé, d’autant plus que beaucoup sont âgés. Il est probable que tu sois confronté à autre chose que le diabète à un moment donné. Dans ce cas, contacte ton vétérinaire (ce lien t’aide aussi à repérer les urgences vitales): https://entraide.diabete-felin.com/t/regles-autres-maladies-urgences/297

Ce fichier rassemble les bases utiles pour comprendre ces situations et t’aider à mieux échanger avec ton vétérinaire. Beaucoup de questions reviennent sur la compatibilité des traitements avec le diabète: tu trouveras ici les principales réponses connues dans la communauté. Chaque maladie est traitée dans une section séparée.

Traiter correctement les autres maladies est essentiel : un chat malade est plus difficile à réguler.


Médicaments

Peu de médicaments sont vraiment contre-indiqués chez un chat diabétique. Les principaux problèmes viennent de ceux qui augmentent la glycémie (effet hyperglycémiant). Dans ce cas, on augmente généralement la dose d’insuline pour compenser l’effet du médicament.

Exemples de médicaments pouvant augmenter la glycémie : cortisone, gabapentine (un peu), famciclovir (anti-viral pour l’herpès), pilule contraceptive.
Cela ne veut pas dire qu’ils sont interdits : ils peuvent être nécessaires selon la situation.

:cinema: Vidéo « Diabète et cortisone, vraiment incompatibles? »


Hospitalisation

Un dossier spécifique traite des hospitalisations chez le chat diabétique.


Alimentation

Si une autre maladie impose une alimentation spécifique, elle reste prioritaire sur le diabète.

Il y a souvent plusieurs possibilités d’alimentation thérapeutique pour une même maladie, donc on peut essayer de choisir celle qui est la plus adaptée au diabète.

Index thématique – FAQ Alimentation


Symptômes à surveiller

Tout changement de comportement doit alerter (à plus forte raison chez un chat qui a déjà une maladie chronique):

  • perte ou augmentation d’appétit
  • isolement, changement d’habitudes, agitation, miaulements inhabituels
  • malpropreté
  • baisse d’activité, agressivité, anxiété
  • refus d’être manipulé ou craintif

Ces signes invitent à contacter un vétérinaire pour un contrôle: Règles – autres maladies & urgences


Prévention

Un suivi vétérinaire régulier est important :

  • chat senior en bonne santé : bilan annuel
  • chat senior + maladie chronique : tous les 6 mois

Les chats compensent très bien leurs maladies, donc les signes apparaissent souvent tard.


Maladies fréquentes

Pancréatite

Très fréquente chez les chats diabétiques (le pancréas sécrète l’insuline, et la pancréatite est une inflammation du pancréas). Elle peut provoquer douleur, anorexie et diarrhée. La prise en charge de la douleur et de l’alimentation est essentielle → Si nécessaire, mettre une sonde œsophagienne pour pouvoir alimenter le chat le temps que le gros de la crise passe.

Hospitalisation : gérer les cas fréquents (acidocétose, hypoglycémie, pancréatite, triade)


IRC (insuffisance rénale chronique)

Pathologie fréquente chez le chat âgé (à des stades plus ou moins importants).
L’IRC fait beaucoup boire, comme le diabète, mais a tendance à donner la nausée et donc à couper l’appétit → :warning: Un diabète mal régulé peut le masquer.
L’IRC se traite avec des médicaments (Semintra, Fortekor, Nelio…) et une alimentation spécifique. Il existe des aliments IRC faibles en glucides (voir onglet IRC de notre liste d’aliments).

Lorsque l’IRC est très avancée on peut également faire des perfusions sous-cutanées à domicile.


Gingivite / stomatite / calicivirus (douleurs dent/bouche)

Les douleurs dentaires ont un impact direct sur la prise alimentaire du chat et donc sur le diabète. Il vaut mieux retirer les dents malades et détartrer si cela est nécessaire.

L’infection par le calicivirus peut mener à une inflammation généralisée et chronique des gencives et/ou du fond de la bouche. C’est très douloureux et il faut intervenir avec:

La tendance aujourd’hui est d’ôter les crocs. Généralement le chat revit après l’extraction et peut continuer à manger des croquettes, une fois la cicatrisation terminée (la majorité des chats les gobent = vomi « juste après avoir mangé », qui ressemble beaucoup à ce qui est sorti du paquet!).

:warning: Attention à la prise en charge de la douleur après opération, qui doit être vraiment sérieuse (opiacés, approche multi-modale avec plusieurs médicaments différents).

Si cela ne suffit pas, un traitement courant (et qui peut être très efficace) est la cortisone.


Hyperthyroïdie

Fréquente chez les chats âgés. Elle augmente l’appétit et la soif et se traite médicalement ou chirurgicalement.


MICI (maladie inflammatoire chronique de l’intestin)

Souvent liée à des troubles digestifs chroniques. Traitement possible par :

  • alimentation adaptée
  • immunomodulateurs
  • parfois cortisone
  • budésonide (molécules particulièrement bien absorbées par les muqueuses de l’intestin et qui ont donc un moindre impact sur la glycémie)

Une fois le système digestif du chat calmé, il sera plus facile à réguler.


FIV

Pas de lien ou d’impact direct sur le diabète, mais les maladies opportunistes ou une dégradation de l’état général du chat vont rendre un peu plus difficile sa régulation.


Neuropathie diabétique (plantigradie)

Complication possible du diabète entraînant une faiblesse des pattes arrière (plantigradie) et plus rarement avant (palmigradie). Elle est souvent réversible dès la mise en place de l’insulinothérapie et l’obtention d’une amélioration des valeurs de glycémie.

Une supplémentation en B12 est parfois utilisée.

Malgré l’absence de confirmation scientifique du bénéfice de la vitamine B12 (méthylcobalamine) dans la régression de la neuropathie diabétique, certains propriétaires y ont eu recours et les rapports anecdotiques semblent indiquer que cela peut être bénéfique (une section y est dédiée dans le fichier DF Témoignages).

Extrait Page 32 sqq de la Thèse Alfort (2021) - Contribution à l’étude de la rémission et de la survie lors de diabète sucré félin :

Voir aussi : Mon chat marche sur ses talons, est-ce normal ? (Q. 25)


Problèmes divers

Ces problèmes ne sont pas perçus comme des « maladies » à proprement parler, mais ils n’en sont pas moins des pathologies qui doivent être prises en charge correctement.

Anorexie / hyporexie

Le manque d’appétit chez le chat peut avoir plusieurs causes. Il peut manger moins (hyporexie) ou ne plus manger du tout (anorexie). On distingue 3 grandes situations:

  • Anorexie primaire ou centrale: le problème vient du cerveau ou du mental. Par exemple : stress, peur, aversion pour la nourriture.
  • Anorexie secondaire : le chat ne mange plus à cause d’un autre problème : douleur, maladie (reins, pancréas, diabète…), fièvre, déshydratation, troubles digestifs, médicaments (mauvais goût ou effets secondaires) ou intoxication.
  • Pseudo-anorexie : le chat a faim mais ne peut pas manger à cause d’un problème pour attraper la nourriture, mâcher ou avaler.

:double_exclamation_mark: C’est une situation à ne pas prendre à la légère, car un chat qui ne mange plus peut beaucoup s’affaiblir et développer de graves complications (lipidose hépatique, etc.)

Chez un chat diabétique sous insuline, c’est encore plus urgent:

  • s’il ne mange pas, il risque une hypoglycémie (sucre trop bas);
  • il risque aussi de produire des cétones, substances dangereuses pouvant mener à une urgence grave: l’acidocétose diabétique.

De plus, le DAC (diabète acido-cétosique) est une cause d’anorexie, mais l’anorexie amplifie la production de cétones, le chat puisant dans ses réserves graisseuses. C’est donc un cercle vicieux qui s’installe.

:right_arrow: Quel que soit le cas de figure, il est donc indispensable de ne pas laisser perdurer une situation de perte d’appétit.
Il faut contacter rapidement un vétérinaire. Le traitement dépend de la cause et des symptômes: réhydratation, antidouleur, traitement des nausées, stimulation de l’appétit (utilisation par exemple de mirtazapine), et parfois mise en place d’une sonde alimentaire pour nourrir le chat temporairement.

Pour en savoir plus :


Aversion alimentaire

Un chat peut arrêter de manger parce qu’il associe la nourriture à une mauvaise expérience.

Cela peut arriver dans plusieurs situations:

  • nourrissage à la seringue
  • médicament caché dans la nourriture
  • douleur ou inconfort digestif
  • port d’une collerette, d’un body… (carcan)
  • bruits ou environnement stressants
  • changement de lieu ou d’habitudes
  • arrivée d’autres animaux
  • changement de nourriture (par exemple en clinique)
  • gamelles inadaptées
  • hospitalisation ou retour à la maison

Dans ce cas, le chat « apprend » que manger = quelque chose de désagréable, et il évite donc de s’alimenter.

Cela peut entretenir ou déclencher une anorexie.

L’aversion alimentaire peut être :

  • la cause du refus de manger (anorexie),
  • ou la conséquence d’une prise en charge de phase anorexique ou d’une pathologie quelconque.

Comme elle peut durer plusieurs semaines, il est important d’y faire attention et d’adapter les soins pour ne pas aggraver le problème.

:information_source: ne pas confondre avec un chat qui semble devenir « difficile » avec sa nourriture pour des raisons comportementales: Mon chat est “difficile” avec la nourriture : comment faire ? (Q. 20)


Arthrose

L’arthrose est douloureuse chez le chat, et elle est très fréquente : la plupart des chats de plus de 10 ans en ont.

On peut faire une radio, mais le signe le plus simple à repérer est un changement de comportement chez le chat :

  • il saute moins
  • il bouge moins
  • il ne grimpe plus en hauteur
  • il dort davantage

:double_exclamation_mark: Ce n’est pas juste « parce qu’il vieillit »: c’est souvent de la douleur.

Si on suspecte de l’arthrose, le vétérinaire peut proposer un test avec des anti-inflammatoires (AINS: metacam/meloxicam, Onsior…) pendant une dizaine de jours.
Si le chat redevient plus actif, c’est un bon indice qu’il avait mal.

La prise en charge de la douleur est souvent combinée :

  • anti-inflammatoires
  • injections contre l’arthrose (Solensia)
  • médicaments contre la douleur (comme la gabapentine)

L’objectif est d’améliorer le confort et la mobilité du chat au quotidien.


Hypertension

L’hypertension (tension trop élevée) est un problème sérieux chez le chat.

Elle peut :

  • être inconfortable
  • provoquer des saignements dans l’œil
  • aller jusqu’à rendre le chat aveugle

Certains signes peuvent alerter, par exemple :

  • miaulements la nuit
  • agitation inhabituelle

Mais souvent, il n’y a pas de signe visible, d’où l’importance de contrôler la tension avec un appareil adapté, en cabinet vétérinaire.

Si elle est trop élevée, un traitement permet de la faire baisser.

:warning: Les chats atteints d’insuffisance rénale sont plus à risque.
Donc si votre chat a des problèmes de reins (IRC), il est important de faire contrôler sa tension régulièrement.


Obésité

L’obésité est une des causes importantes du diabète chez le chat. C’est une pathologie à traiter, si possible en évitant un rationnement.

Si un chat mange trop, il y a souvent une ou des raison(s):

  • ennui
  • stress
  • manque d’activité
  • cohabitation avec d’autres animaux
  • emplacement de la gamelle ou accès à la nourriture

Il faut donc agir aussi sur l’environnement et le comportement.

Pour aider à la perte de poids :

On peut aussi ajouter un peu de légumes (comme courgettes ou haricots) pour compléter la ration si besoin.

Voir aussi: Mon chat doit perdre du poids : comment faire ? (Q. 21)


Stress

Le stress n’est pas une maladie au sens strict, mais chez le chat, il peut être chronique et avoir de vrais effets sur la santé.
→ Par exemple, le stress peut faire augmenter la glycémie, ce qui complique la gestion du diabète.

On observe parfois chez des chats qui ont « une résidence de vacances » que :

  • un changement de lieu de vie peut améliorer ou aggraver la glycémie,
  • certains environnements sont plus apaisants que d’autres.

Même si c’est « invisible », le stress a donc un impact réel. Il est utile de le considérer comme un problème à traiter, pour :

  • améliorer le bien-être du chat
  • bénéficier d’une meilleure régulation du diabète.

Les solutions passent par :

  • un environnement adapté (calme, sécurisé, enrichi)
  • des activités et routines stables
  • une attention aux interactions (humains et autres animaux)

Un vétérinaire comportementaliste peut aider à :

  • comprendre les sources de stress
  • proposer des aménagements
  • prescrire un traitement si nécessaire, le temps d’améliorer la situation

L’objectif est un chat plus détendu… et un diabète mieux contrôlé.


Constipation

La constipation est fréquente chez les chats âgés.

Pour aider le transit, on peut utiliser :

  • du psyllium blond : une très petite quantité (une pointe de couteau), mélangée à un peu de pâtée. Mieux vaut commencer avec peu et ajuster ensuite.
  • des croquettes riches en fibres (comme les « Fibre Response » de Royal Canin) : à introduire progressivement, en petite quantité au début (par exemple une petite cuillère en complément).

Si la constipation est liée à un manque d’eau (déshydratation), il est utile de :

  • augmenter l’alimentation humide (pâtée)
  • encourager le chat à boire davantage (fontaine à eau…)
  • utiliser des solutions d’hydratation si besoin (Hydracare)

Voir aussi:Mon chat est constipé, que faire ? (Q. 23)


Diarrhée

La diarrhée chez le chat peut être passagère, mais elle devient vite problématique:

  • le chat se déshydrate
  • il est fatigué et mal

Dans un premier temps, on cherche à soulager les symptômes :

  • pansements intestinaux
  • probiotiques
  • fibres

Si ça ne s’améliore pas rapidement, il faut chercher la cause (par exemple quelque chose mangé dehors, une maladie, etc.).

:warning: La mise à la diète est souvent préconisée en cas de diarrhée, mais chez un chat diabétique, il faut être prudent :
la mise à la diète (ne plus nourrir temporairement) est souvent déconseillée (hypoglycémie).

À la place, on peut proposer un régime simple et digestible (monoprotéine), par exemple :

  • une seule source de protéine (dinde ou poisson poché)

L’objectif est de calmer la diarrhée tout en évitant d’aggraver l’état général du chat.

Voir aussi: Traitement de la diarrhée du chat (fichier dédié)


Douleur

La douleur chez le chat est souvent invisible et sous-estimée.
Comme c’est un animal qui peut être une proie, il a tendance à cacher sa douleur. Résultat : beaucoup de chats souffrent sans que cela se voie (parfois pendant des années).

En cas de doute, il vaut mieux supposer qu’il a mal.

Le traitement de la douleur est généralement combiné (on parle d’approche « multimodale »):
on associe plusieurs solutions plutôt que de compter sur une seule.

Cela peut inclure :

  • des anti-inflammatoires (AINS : Metacam/Meloxicam, Onsior)
    on peut les donner sur le long terme, à moins d’une insuffisance rénale terminale (il ne semble pas y avoir d’impact sur la survie).
  • des antidouleurs comme la gabapentine
  • des injections spécifiques (ex : Solencia pour l’arthrose)
  • parfois de la cortisone
  • des approches complémentaires (K-laser)
  • une alimentation adaptée (riche en oméga-3)

L’objectif est de réduire la douleur durablement et d’améliorer la qualité de vie du chat.

À consulter:


Ressources complémentaires: