La p’tite histoire imagée du "dépôt" (Lantus)

Témoignage par Magali Rotat

Ceci est l’un des tout premiers documents compilés et partagés dans la communauté DF. Rédigé en décembre 2018, durant la première année de vie du groupe, ce texte a aidé de nombreux membres à mieux comprendre la notion de « dépôt » avec l’insuline Lantus. Il est reproduit ici dans sa version d’origine, avec quelques notes de contextualisation.

Voir aussi :


"Me voilà !

Quand j’étais petite, mon père avait dans le jardin un gros réservoir à eau avec un robinet en bas. On remplissait par le haut ou bien la pluie le remplissait et, quand on avait besoin, il y avait juste à mettre l’arrosoir en dessous pour pouvoir ensuite arroser le jardin.

Bref. Voilà l’idée pour Lantus.

Avec Lantus en fait, le dépôt, c’est ce réservoir sauf que le robinet est ouvert en continu.[1] Le dépôt agit au fur et à mesure avec l’insuline qui se diffuse depuis le dépôt = l’eau qui coule du robinet.

La dose qu’on injecte, c’est l’eau qu’on verse dans le réservoir pour le remplir.

Pour ça, on utilise différents arrosoirs de taille différente = les doses plus ou moins grandes d’insuline.

Quand la dose ne semble pas assez forte, bah tout coule par le robinet et le réservoir n’est jamais assez rempli. Du coup des fois, plus rien ne sort du réservoir.[2]

Quand la dose a fini par être trop forte, et qu’on se retrouve avec un « fluo »[3], le réservoir a fini par déborder (l’eau déborde en plus de celle qui coule en continu du robinet) alors il faut diminuer l’intensité du remplissage et donc la taille des arrosoirs = diminution de la dose.[4]

Et quand tout roule, qu’on a le bon arrosoir pour remplir assez le réservoir en même temps qu’il se vide par le robinet, le robinet diffuse de façon régulière l’insuline sans déborder et sans manquer.

On est content quand le réservoir déborde et qu’on doit diminuer la taille des arrosoirs de remplissage parce qu’après, petit à petit, on peut arriver à la rémission. Et inversement, quand on a l’impression que le réservoir se vide à nouveau trop vite par le robinet par rapport à la taille de notre arrosoir de remplissage, on doit augmenter la dose.

C’est pour ça qu’on peut continuer à injecter la même dose (le même arrosoir) même sur des valeurs basses parce que le robinet continue de vider le réservoir en continu. Et l’eau qui sort du robinet n’est pas celle qu’on a rajoutée avec le dernier arrosoir. Toute la dose ne passe pas directement dans le chat (contrairement à Caninsulin par exemple).[5]

Et dans ton cas Apolline, il faut éviter de varier la dose entre matin et soir parce qu’on souhaite remplir le réservoir avec la même taille d’arrosoir pour pouvoir mieux définir la bonne dose à injecter. Si tu mets un coup 1 UI, un coup 2 UI, un coup 1 UI le réservoir va se remplir beaucoup, puis ensuite il va se vider un peu - et ainsi de suite - et on va avoir un phénomène de yoyo qui peut perturber l’écoulement du robinet[6].

J’espère que ça te parlera."


  1. Image simplifiée : le « dépôt » de Lantus n’est évidemment pas un réservoir mécanique, mais une libération progressive de l’insuline après injection sous-cutanée. ↩︎

  2. Une dose insuffisante n’entraîne pas forcément une absence totale d’effet de l’insuline, mais plutôt une action trop faible ou trop courte. ↩︎

  3. Jargon DF : une valeur de glycémie trop basse. ↩︎

  4. Le « débordement » illustre ici un excès d’insuline, pouvant éventuellement conduire à une hypoglycémie. ↩︎

  5. Point essentiel de la métaphore : l’action de Lantus est étalée dans le temps, contrairement à certaines insulines plus rapides ou plus marquées en pic d’action. ↩︎

  6. Les ajustements de dose doivent se faire selon la glycémie du chat, observée à plusieurs moments du cycle et sur plusieurs jours ↩︎