Vacances, absences et solutions de garde

Partir avec un chat diabétique ? C’est possible !

Au moment du diagnostic, on entend parfois que les injections d’insuline sont « à vie » et qu’en rater une pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Alors certes, un chat diabétique a besoin d’insuline, mais en pratique :

  • la rémission est un objectif réaliste pour un chat récemment diagnostiqué (plus de 80% de chances de rémission avec un suivi à domicile et une insuline humaine lente)

  • une fois le chat relativement stabilisé, il est possible de sauter de temps en temps une injection ou deux, voire plus suivant les cas.

Notre communauté DF a pour double objectif de :

  • soutenir les membres dans une prise en charge la plus efficace possible du diabète félin (pour augmenter les chances de rémission ou au moins d’excellente stabilisation).

  • soutenir les humains dans la gestion de leur vie (et santé mentale) avec un animal malade nécessitant des soins réguliers sur le long terme.

:right_arrow: Oui, on peut avoir une vie et même partir en vacances quand on a un chat diabétique. Cela demande un peu d’organisation et des concessions, mais c’est faisable.


Outils utiles pour plus de liberté

En plus d’avoir un bon suivi sur la durée qui permet de bien connaître son chat et ses réactions à l’insuline (et donc avoir du recul sur la marge de manœuvre qu’on a pour s’absenter), on peut utiliser différents outils :

  • Capteur Freestyle libre : idéal en cas d’absence prolongée.
  • Caméra de surveillance : si le chat reste seul longtemps ou régulièrement.
  • Tracker : en cas de risque de fuite, si le chat doit voyager ou sortir hors de son lieu habituel.
  • Harnais : habituer le chat à le porter si on va le prendre avec soi et qu’il aura potentiellement accès à l’extérieur.

1. Absences longue durée (vacances)

Si le diagnostic est récent et que vos vacances sont prévues dans 3 mois, inutile d’anticiper trop tôt :
:right_arrow: prenez d’abord quelques semaines pour vous familiariser avec le diabète félin et trouver votre rythme de croisière.

Une fois que vous aurez pris vos marques avec le diabète, il sera temps de s’organiser pour les vacances. Mais à moins que le départ soit pour dans deux semaines, ce n’est pas prioritaire.

Solutions principales :

  • Emmener le chat avec soi
  • Le confier à quelqu’un (proche, famille)
  • Pension spécialisée
  • Petsitter à domicile

Le bon choix dépend du chat (tempérament, stress) et de votre situation.

:headphone: Ecouter l’épisode 8 : « Le chat et les vacances », disponible sur la chaîne YouTube de Vethologie


Règles générales si quelqu’un garde le chat

  1. Installer un capteur FSL si possible
  2. Prévoir un tracker s’il y a un risque de fuite
  3. Donner le lien du site https://entraide.diabete-felin.com au gardien du chat pour avoir accès à notre aide en cas de pépin
  4. Donner accès au tableau de suivi (à jour)
  5. Prévenir les membres de la communauté DF de votre absence et de la solution de garde choisie (comme ça on ne tombe pas des nues)
  6. Fournir le kit de survie (en particulier bandelettes urinaires, nutrigel, etc.)
  7. Laisser les consignes écrites et claires concernant la gestion du diabète
  8. Transmettre les coordonnées du vétérinaire, les numéros d’urgence et le dossier médical du chat
  9. Familiariser le chat et l’humain avant le départ (si on peut)

En pension

Il existe des pensions qui acceptent les chats diabétiques et sont en mesure d’assurer le suivi.

Renseignez-vous bien à l’avance et posez des questions :

  • régularité des heures d’injection
  • vétérinaire à proximité en cas de souci
  • alimentation
  • leur gestion si le chat est stressé et ne mange pas.

:right_arrow: Recommandé :

  • mettre un capteur FSL au chat, plutôt que de compter sur la pension pour faire des mesures de glycémie (il faut déjà qu’ils y arrivent, qu’ils en fassent assez, etc.).
  • Laissez des bandelettes urinaires pour le contrôle des cétones, et du Nutrigel Plus (sauf si la pension vous assure avoir le nécessaire).

Laissez des instructions claires pour la conduite à tenir dans les situations prévisibles : chat qui ne mange pas, valeurs basses, etc.
L’idéal est de garder une ligne de communication ouverte avec la pension durant le séjour.

Pensions testées/approuvées DF

Vous avez testé une pension pour votre chat diabétique et vous en êtes content ?
Donnez-nous le nom de la pension, la ville/région/pays, son site web ou sa page facebook (pour le contact), et on l’ajoutera à la liste.
:right_arrow: Le mieux est de faire une publication où vous racontez votre expérience : Témoignages


Petsitter (passage 2x/jour)

Une solution courante, mais avec des limites :

  • la personne doit pouvoir passer 2 fois par jour pour faire les injections. De plus en plus de petsitters offrent ce service ou sont prêts à être formés aux injections.
  • longues périodes de solitude pour le chat
  • stressant, ce qui peut être aggravé par l’arrivée d’une personne pas familière après une demi-journée où « il ne se passe rien », ou bien si le chat est craintif
  • peu de surveillance entre les 2 passages : s’il y a un souci, le chat est seul (une surveillance 24/24 n’est évidemment pas nécessaire, mais entre h24 et quasi 0 il y a de la marge)
  • le prix qui peut être élevé

A privilégier :

  • bien familiariser le chat avec la personne qui va passer, et s’assurer que cette personne va savoir s’y prendre pour ne pas effrayer ou stresser le chat.
  • donner des instructions claires des choses à faire ou ne pas faire.

:right_arrow: L’intérêt des petsitters professionnels (formés) est qu’ils ont en principe ces compétences.

Pour trouver un petsitter

  • demander à son véto (parfois les ASV font aussi du petsitting)

  • demander à son entourage, aux voisins

  • utiliser les plateformes de petsitting qui existent maintenant

  • demandez des bons plans aux membres DF habitant dans votre région pour les trouver : On s'entraide

Dans tous les cas, s’y prendre assez à l’avance permet de faire tranquillement son choix et de ne pas se retrouver « coincé » avec quelqu’un qui n’est pas 100% convainquant car on était dans l’urgence.
:right_arrow: Cherchez donc un petsitter avant d’en avoir besoin.


Avoir quelqu’un à la maison pour garder le chat sur place

Souvent la meilleure solution, surtout si l’absence est longue :

  • environnement habituel conservé
  • présence continue
  • plus rassurant pour le chat

Plusieurs pistes pour trouver une telle personne :

  • jeunes adultes/étudiants de l’entourage, vivant encore à la maison (seront ravis de passer une ou deux semaines en autonomie !) – les enfants des amis, amis des enfants, amis plus jeunes ou amis d’amis plus jeunes sont une très bonne population parmi laquelle « recruter »

  • il y a des retraités qui font du « house-sitting » y compris avec animaux

  • amis ou connaissances habitant à l’étranger ou ailleurs dans le pays et qui aimeraient venir passer des vacances dans votre région/ville

  • il existe des réseaux d’échanges de maison/appartement pour les vacances (voir le témoignage de Josiane)

L’avantage de cette solution est que la personne va aussi s’occuper des plantes, etc. :wink: et qu’elle est généralement assez économique.


Chez quelqu’un d’autre

Une alternative est de trouver une personne de son entourage qui prenne le chat chez elle durant l’absence. Attention aux autres animaux ! Il vaut mieux qu’il n’y en ait pas, ou s’il y en a, que le chat puisse être gardé dans une pièce séparée.

Dans tous les cas, surtout si le chat est craintif, appliquer un protocole d’introduction à un nouveau lieu avec accès uniquement à un espace réduit au début, le temps que le chat trouve ses marques.

:warning: Attention au risque de fuite (utiliser un tracker).


Prendre le chat avec soi

Certains chats prennent facilement leurs marques dans un nouvel endroit et ne voyagent pas si mal.
Le chat n’est pas aussi « territorial » qu’on le pense (voir cet épisode de Vethologie) et il vaut souvent mieux le prendre avec soi que le laisser seul à la maison avec quelqu’un qui passe deux fois par jour.

Conseils :
On peut baisser la dose d’insuline voire sauter l’injection durant le voyage – il est peu probable que le chat mange en route.
Comme toujours : un, deux ou trois jours dans des valeurs hautes vaut toujours mieux qu’une hypoglycémie.

Penser à une cage de transport bien sécurisée, y compris dans l’éventualité d’un scénario « accident de la route » – on n’aime pas y penser, mais un accident c’est déjà assez la :poop: sans avoir encore un chat blessé car il a été projeté à travers l’habitacle, ou manquant car il s’est échappé.

Voir le témoignage de Lili Marlène


2. Absences ponctuelles

Durant les semaines qui suivent le diagnostic, c’est sage de prévoir que sa vie sociale va être réduite, voire inexistante.
S’occuper d’un animal malade et mettre en place les soins prend de l’énergie, mais ça ne sera pas comme ça pour toujours. Une fois que :

  • l’état clinique de votre chat va mieux
  • vous avez pris vos marques avec les soins
  • le suivi de glycémie est en route
  • la glycémie a pu un peu baisser

c’est important de penser aussi à soi et de mettre en place ce qu’il faut pour pouvoir sortir.

Un préalable aux absences ponctuelles (idéalement) :right_arrow: une situation relativement stable

Pour les absences ponctuelles (pour une ou deux injections, ou même un week-end), tout ce qu’il faut c’est trouver quelqu’un qui puisse faire les injections.
Quand on a une situation suffisamment stabilisée (même si la glycémie continue de faire le « yoyo ») on peut sans souci se permettre de faire quelques injections « à l’aveugle », en réduisant la dose d’un poil si nécessaire.

Attention à ne pas tomber dans le piège (courant malheureusement) du « trop de suivi »!
Il n’est pas nécessaire de contrôler la glycémie de multiples fois par jour, tous les jours, pendant des mois : Combien de mesures de glycémie dois-je raisonnablement faire à mon chat ? (Q. 9)

Il est vraiment important de distinguer l’intensité du suivi :

  • lors du début de prise en charge (post diagnostic)
  • lors d’un passage critique (animal malade ou situation qui se détériore)
  • quand on arrive au « rythme de croisière » du diabète (si on a fait une prise en charge énergique au départ, on y arrive en quelques semaines ou mois).

Sauter une injection ou deux

Votre tableau de suivi et votre expérience lors d’injections ratées ou sautées « sans faire exprès », ou de « cycles de 18h » (pour Lantus / Levemir), vous permettront d’évaluer quelles sont les conséquences prévisibles d’une injection sautée ou retardée.
Une injection ratée ou deux vont évidemment faire monter la glycémie, et il faudra peut-être quelques jours pour revenir à la normale. Mais quelques jours de glycémie élevée, ce n’est pas grave !

Les situations où un saut d’injection peut être grave c’est vraiment quand le chat risque de faire des cétones.

Par exemple:

  • il est mal en point cliniquement

  • il a récemment fait des cétones ou carrément une acidocétose

  • sa glycémie est haute en permanence

  • il a une infection ou une autre maladie (LIEN A MODIFIER) « active » qui dégrade son état

En dehors de ça, même pour un chat dont la glycémie est instable et qui a tendance à faire le « yoyo », rater une injection ou deux ne va pas créer de catastrophe. Il est important de relativiser ce risque et de ne pas se créer du stress inutile ou se rendre la vie impossible quand c’est pas nécessaire.

Évidemment, il faut essayer et adapter sa stratégie aux résultats.
Si vous sautez une injection et que c’est la catastrophe (situation très peu probable), peut-être que ce n’est pas à refaire.

Vidéo : je dois sauter une injection, est-ce grave? (LIEN A MODIFIER - Vidéo FB)

Cycle dit « de 18h » : si on ne peut injecter à l’heure habituelle avec Lantus / Levemir

Un scénario typique, c’est qu’on va sortir le soir et être absent à l’heure de l’injection.
Qu’à cela ne tienne : on injecte tranquillement quand on rentre (tard, si possible ! Il faut profiter !), puis on saute l’injection du lendemain matin, et on reprend le rythme habituel le soir.

C’est ce qu’on appelle le « cycle de 18h », ainsi nommé car au lieu d’injecter avec 12h d’intervalle entre les injections, on injecte avec « environ 18h » entre les injections.

Par exemple :

  • le matin à l’heure normale d’injection
  • la nuit tard, plusieurs heures après l’heure d’injection (pas forcément 18h après l’injection du matin : ça peut être 15h, 20h, c’est égal, ce n’est pas important)
  • et on retombe sur ses pattes le soir suivant à l’heure normale d’injection, soit entre 15h-20h après l’injection précédente.

On peut aussi utiliser cette méthode si on doit partir très tôt un matin :

  1. on saute l’injection de la veille au soir,
  2. on injecte avant de partir tôt le matin,
  3. puis on reprend l’injection le soir en rentrant.

Il faut faire preuve d’un peu de souplesse ! Le diabète félin est certes une contrainte mais il ne doit pas être une prison.

Vidéo : Si je ne peux pas injecter à l’heure habituelle, je fais quoi? (Lantus/Levemir)* (LIEN A MODIFIER - Lien HS actuellement)

Si on ne peut injecter à l’heure habituelle avec Caninsulin et ProZinc

ProZinc et Caninsulin offrent plus de souplesse d’horaires d’injection que Lantus et Levemir. On peut en profiter, dans ce cas de figure !
Donc si vous devez injecter quelques heures plus tôt ou plus tard avec Caninsulin, de façon générale ce n’est vraiment pas un souci.
Avec ProZinc, il faut voir à quoi ressemble la régulation, mais si la glycémie remonte bien en fin de cycle, on peut tout à fait injecter un peu plus tôt (en fonction de la glycémie).

Vidéo : Si je ne peux pas injecter à l’heure habituelle, je fais quoi ? (Caninsulin/Prozinc) (LIEN A MODIFIER - Lien HS actuellement)


Chat « parfaitement régulé » ou en micro-dosage

Si vous avec un chat « parfaitement régulé », qui ne reçoit qu’une très petite dose d’insuline, là il ne faut même pas se poser la question, c’est clair que sauter une injection (même plusieurs) de temps en temps va être très facilement récupérable.

Et ça permet, en passant, quand on est vraiment en micro-dosage (LIEN A MODIFIER), de voir si on ne pourrait pas envisager de se passer d’insuline, ou au moins de passer à une injection par jour…

Il vaut aussi la peine de voir si on peut acquérir un peu de souplesse dans les horaires d’injection.
On a pu constater à plusieurs reprises que dans ces cas de grande stabilité de glycémie, avec Lantus/Levemir, on pouvait faire des décalages d’heure d’injection bien plus importants que ce qu’on imagine (même 1-2h).
Alors ça se met en place progressivement, en essayant et en regardant le résultat, mais c’est un investissement utile, car il donne plus de liberté pour rentrer un peu plus tard, faire une grasse matinée, etc.


Trouver quelqu’un pour injecter à sa place

Voici quelques idées de pistes pour trouver quelqu’un qui pourra de temps en temps venir faire une injection à votre chat. N’oubliez pas qu’il faut simplement trouver quelqu’un qui est prêt à apprendre à faire les injections – vous pourrez vous charger de lui enseigner. L’expérience préalable n’est pas nécessaire.

  • membres de la famille, amis : pensez aussi à vos réseaux en ligne et mettez une petite annonce avec une jolie photo du chat et un texte explicatif dédramatisant

  • voisins : mettez une petite annonce dans votre immeuble, vous serez peut-être surpris !

  • se renseigner auprès des vétérinaires, ASV, magasins pour animaux du coin. Il existe des petsitters qui font des injections, regardez sur les sites dédiés.

  • faites une publi dans On s'entraide : peut-être y a-t-il quelqu’un près de chez vous qui peut vous dépanner ponctuellement !

:information_source: S’il s’agit juste d’une injection ou deux, vous pouvez préparer les seringues à l’avance et les laisser au frigo (cela évite des inquiétudes concernant la mesure de la dose). Mais c’est quand même mieux de tirer l’insuline juste avant d’injecter.

:warning: Il faut que le chat soit à l’aise avec la personne qui va faire l’injection ! A moins que ce soit un chat très relax, invitez la personne plusieurs fois chez vous pour qu’elle fasse connaissance avec le chat, lui donne des friandises, etc. Le but est que quand elle passe la porte pour faire l’injection, la réaction du chat soit « chouette, le distributeur à friandises! », plutôt que de se planquer sous le lit.


3. Horaires irréguliers

Tout ce qui a été discuté plus haut peut s’appliquer aux personnes ayant des horaires irréguliers.
Sauter une injection de temps en temps, rallonger des cycles, avoir quelqu’un qui peut ponctuellement venir faire une injection… tout ceci fait partie des outils de gestion d’un horaire irrégulier.

:scroll: Règle d’or : rallonger un cycle n’est jamais un problème, mais le raccourcir peut en être un.

Vidéo : Horaires irréguliers, comment faire ? (LIEN A MODIFIER - Vidéo FB)

Lorsque la structure du Discourse sera plus claire, il faudra modifier la partie où l’on recommande de publier sur FB pour avoir des conseils de garde :wink: