Senvelgo : ce que montrent les études

Efficacité ? Amélioration de la qualité de vie ? Espérance de vie ?

  • Étude américaine

Une étude américaine a étudié les effets secondaires et l’efficacité de Senvelgo sur 252 chats diabétiques nouvellement diagnostiqués ainsi que chez des chats ayant reçu de l’insuline ou d’autres traitements hypoglycémiants (il en existe aux États Unis qui ne sont pas disponibles en France).

32 chats ont développé une acidocétose (dont 26 durant la 1ère semaine de traitement) et ont été exclus de l’étude.

Après 30 jours de traitement, 198 chats ont été conservés dans l’étude et le « succès thérapeutique » a été évalué chez ces chats restants.

Qu’est-ce que le « succès thérapeutique » dans cette étude ?

Il s’agit de la combinaison de 2 critères :

  • l’amélioration d’au moins un signe clinique en rapport avec le diabète sucré (polyurie, polydipsie, perte de poids involontaire, polyphagie ou neuropathie diabétique),
  • l’amélioration d’au moins un paramètre glycémique (soit la moyenne de la courbe de glycémie, qui était ≤ 300 mg/dl et qui devait être inférieure à la valeur de glycémie à jeun de la visite de sélection, soit la fructosamine sérique, qui était ≤ 450 μmol/l et qui devait être inférieure à la valeur de la glycémie à jeun de la visite de sélection).

Si un chat présentait ces deux critères combinés, le traitement était considéré comme un succès. 175 chats ont donc été évalués en succès thérapeutique, soit 88.4%, vanté par Boehringer… sur les 198 chats qui ont survécu ou qui n’ont pas été exclu de l’étude en raison d’une acidocétose ou d’un traitement mal toléré !
Si l’on reprend les chiffres de départ, sur les 252 chats inclus dans l’étude, 175 parviennent au bout d’un mois à un état clinique satisfaisant grâce au Senvelgo, soit en gros 2 chats sur 3.

Les chats en « succès thérapeutique » étaient autorisés à poursuivre l’étude pendant 180 jours, et 157 sont parvenus au bout des 180 jours. Les effets secondaires du traitement ont été évalués pendant ce laps de temps.

Concernant les effets secondaires, les plus fréquents sont :

  • diarrhée (52% des chats)
  • perte de poids (44%, en partie la première semaine à cause de la déshydratation provoquée par le traitement)
  • vomissements (36%), PUPD (polyuro-polydipsie = le fait de boire plus et d’uriner en plus grande quantité, environ 18%)

Les effets secondaires les plus graves sont :

  • acidocétose (10% dans la première semaine de traitement)
  • décès (19 chats, dont 13 possiblement liés au Senvelgo)
  • pancréatite 4%
  • lipidose hépatique 2.5%

En revanche, l’étude ne dit pas si au bout de ces 180 jours, soit 6 mois, le « succès thérapeutique » s’est maintenu.


  • Étude européenne

Une autre étude européenne a décidé d’évaluer le succès thérapeutique du traitement Senvelgo, en comparaison avec l’insulinothérapie (Caninsulin, avec des contrôles à J7, J14, J30, J45, J60), selon la combinaison de 2 critères :

  • Amélioration d’au moins un signe clinique (prise de boisson, volume et fréquence des mictions, polyneuropathie diabétique et appétit)
  • Amélioration d’au moins un paramètre glycémique (valeur moyenne de la courbe de glycémie ≤ 250 mg/dl, glycémie minimum ≤ 160 mg/dL et fructosamine sérique ≤ 450 μmol/L).

Senvelgo présentait, selon cette méthode, un taux de succès équivalent ou légèrement supérieur à l’insuline, après 45 jours de traitement.

Cette méthode d’évaluation n’a pas été conservée pour évaluer la progression des chats dans le temps. Après 90 jours, le succès a été évalué par la qualité de vie selon les propriétaires, et par un examen clinique par le vétérinaire. L’étude n’a pas été poursuivie au-delà.

:right_arrow: Conclusion : le Senvelgo fonctionne au moins aussi bien, voire légèrement mieux, que l’insuline pour stabiliser un chat durant le premier mois suivant son diagnostic.
Sur le principe, ce n’est pas très surprenant vu le temps que ça peut prendre de trouver la bonne dose d’insuline, et ça l’est encore moins vu le protocole insuline utilisé dans cette étude (bien éloigné de ce que nous préconisons chez Diabète Félin : insuline lente et contrôle glycémique à domicile avec adaptation régulière de la dose).
En revanche, l’étude n’est pas précise sur les résultats obtenus entre 30 et 90 jours, et inexistante au-delà. On ne peut rien conclure quant à l’espérance de vie globale.


Sources :


A lire aussi :